Doll's life

Autre chose

Lundi 24 Septembre 2007 à 0h23

J'ai vécu ma première semaine de cours.

Il s'est passé des choses... plutôt inattendues. Non, non, je ne me suis pas trouvée des milliers de copines, j'imagine déjà le petit sourire narquois sur vos lèvres, pensant déjà que j'avais mal jugé ma situation, en faisant la caliméro type "oh personne ne m'aime".

Disons que moi qui pensais me faire huer à mon retour, je me suis heurtée à une petite politesse teintée d'une indifférence rassurante. Au début, je me suis dit que l'indifférence me ferait d bien, et que je ne fais pas mes études pour me faire des amis, mais pour apprendre.

Mais des fois.... je sens comme un grand vide. Du coup, je redouble d'efforts en cours pour travailler, m'occuper l'esprit. Mais quand j'ai besoin de prendre quelques minutes parceque j'ai mal au dos, ou que j'ai les yeux usés et qu'il faut que je me détende, je déhambule dans notre classe de 38 personnes, et je me rend compte que j'ai rien à dire à personne. Ma seule chance de briller : être la mailleure, et là, après avoir raté mon dernier trimestre l'an passé pour mon opération et mes problèmes de santé, je dois avouer que je fais déjà en sorte juste de me remettre en jambe, et au niveau.

Alors des fois... je reste juste là, assise, et j'observe. Des fois je voudrai boucher mes oreilles pour ne pas les entendre. Les entendre discuter, rire, partager. Je me demande alors ce que j'ai de moins qu'eux, ou en quoi je suis si différente. Pourquoi est-ce que je fais peur, pourquoi on s'éloigne de moi, comme si je sentais mauvais.

Pour vous expliquer un peu mieux, je vais vous compter mon emploi du temps.

Ma journée ressemble à ça : je prends le bus, je mets 25 minutes ne moyenne pour arriver en cours. Je suis toujours en avance, mais comme je ne connais personne, le matin, j'attends le dernier moment pour entrer en cours et je passe le temps au jardin de Strasbourg, un parc pour enfants en face de l'école privée, à lire un bouquin. En ce moment, c'est la vie de Ramsès II.

En cours, nos places sont assignées. J'ai été casée en bout de classe, avec 2 voisines : deux filles très timides qui ne parlent jamais. Du coup, je reste très discrète. Autant dire qu'à part bonjour de loin, c'est tout pour la matinée. Au déjeuner, quand je n'ai pas prévu mon repas par avance, je marche jusqu'à ATAC, et je vais m'acheter un sandwich club et.... je vais le manger ... dans le parc de Strasbourg ( encore ), seule, face à l'école, durant 1h15. L'après-midi ressemble au matin, et ensuite je rentre chez moi.

Je sais que des fois, quand je déjeune seule, je peux goûter à ds moments agréables, quand il fait beau, les arbres sont encors verts, et je reste en tête à tête avec Ramsès II. Je sens alors en moi une grande mélancolie. Une pesanteur dans mon coeur, qui me suis tout l'après-midi. Je me sens alors bien, et je me dit que je voudrai dormir, et que le temps ne reprenne jamais son cours. Je voudrai faire une sieste et qu'elle dure pour toujours.

En rentrant en cours, je me dis que je me sens tellement seule... tellement seule... Que je me repens des fois de dire que je révendique ma solitude et qu'elle me convient. En fait, j'attend que la journée se finisse. J'ingurgite mes cours et je tache de travailler.

Mais souvent, je pleure dans mon lit la nuit. Je me dis alors que beaucoup de gens passent leur vie à rechercher l'amour.

Moi je cherche autre chose.


Quelque chose de franc et de sincère. Je l'ai heureusement trouvé chez quelques personnes auxquelle je tiens énormément. Mais ici, à 300 km d'eux....

C'est devenu beaucoup plus dur...