Doll's life

Rebelote

Samedi 15 Septembre 2007 à 4h12

Me revoilà, ce soir, enfin seule devant mon clavier, à me demander par quel bout commencer. Dans ma tête se bousculent une énorme masse de sentiments et de mots, et comme souvent, je ne sais pas par où commencer...

Je voulais parler de tellement de choses.... Je voulais depuis longtemps parler de ma famille, et d'évènements récents, et je voulais aussi parler d'un de mes cauchemars d'il y a quelques jours, car sa violence m'avais beaucoup choquée. Par où commencer ?

Je pense que je vais commencer par le plus court. Oui, j'avoue que c'est aussi le bas de la liste que je viens de dresser, mais je suis perdue avec mes sentiments, la violence qu'il y a constamment dans mon coeur, et qui hurle dans mes rêves. Je commencerai avec mon cauchemar.



__La violence sucrée de l'imaginaire console tant bien que mal de la violence amère du réel.

	Roland Topor__



Je reste sans voix devant l'évidence de la citation de cet homme qui doit être remarquable mais dont je ne sais strictement rien. Et à quel point sa citation sonne familièrement dans ma tête.

Mon rêve ne se passait pas à notre époque, mais il y a environ 50 ans. J'étais dans la maison de mon père. C'était bien sur une maison imaginaire puisque je n'ai jamais mis les pieds dans la véritable maison de mon père. Il y avait ma grande soeur avec moi dans la maison, et au lieu d'avoir un petit frère, j'avais une petite soeur qui devait avoir 8 ou 9 ans maximum. Je vois ma soeur entrer dans la maison de mon père avec ses cheveux bouclés. Je me souviens surtout de ses cheveux blonds-roux, bouclés, et courts comme dans mon enfance quand elle s'occupait de moi.

Je la vois entrer dans cette maison. Je sais que ma toute petite soeur est déjà dedans, surement en train de jouer sagement avec un de ses jouets.

Et là je sais.
J'entends les hurlements familiers. Puis d'autres plus aigus. Je ne me rappelle pas les détails. Je me souviens juste de la chevelure bouclée et courte sur le sol. Je me rend alors à l'évidence : je n'ai plus de soeur. Plus aucune soeur. Mon père s'est déjà occupé de raccourcir leurs existences. D'un coup, je suis à l'intérieur de la maison, et j'ai à nouveau 7 ans. Je vois mon père dans l'encadrement de la porte qui soit être celle du salon, les cheveux en bataille, l'oeil fou, dans un état que je connais aussi : incontrôlable. En fond, mes deux soeurs allongées sur le sol sur le ventre. Inertes... Mortes.

Il tombe soudainement sur le sol, assis. Il est sur une térasse. Je m'approche, il hurle. Ses yeux bleus sont devenus presque blancs. Il me hurle de ne pas m'approcher de lui. Il ramasse une branche démesurément longue et cassée qui était sur le sol de la térasse dans laquelle il vient de se prendre les pieds. Il sort un couteau de sa poche, et coupe les petites branches, et se sert de cette branche unique comme d'un fouet. Et la nouvelle cible, c'est moi.

Je suis de plus en plus petite, mon père devient de plus en plus grand. Il n'y a plus de portes à cette térasse, plus aucun échappatoire, plus d'endroits où fuir, aucun meuble pour me cacher, me protéger. Mon dos est lacéré, et je hurle de peur. Je recule pour éviter le fouet. Et mon père avance. Avance, avance. Il me tuera. Et je hurle moi aussi maintenant. Comme mes soeurs. "Je t'en prie !! Ne me tue pas ! A l'aide !!"



Dans mon lit, j'ai été réveillée par mes propres hurlements, et des larmes coulaient encore sur mes joues. J'avais mal des blessures infligées dans mon rêve.



Mon père à détruit pendant 10 ans mon enfance et mon adolescence. Ajourd'hui encore, à cause de sa lacheté, il tue aussi mes putains de rêves.